Avec rembrandt la réalité même sera dépassée.Nous comprendrons que la beauté n'est pas dans les objets,car sans doute elle ne serait si profonde et si mystérieuse.Nous verrons les objets n'être rien par eux- mêmes,orbite creuse dont la lumière est l'_expression changeante,le reflet prêté de la beauté,le regard divin.Nous verrons dans les deux philosophes la lumière déclinante rougir une fenêtre comme un four ou la peindre comme un vitrail,faire régner dans la chambre si simple de tous les jours la spendeur majestueuse et multicolore d'une église,le mystère d'une crypte,la peur des ténèbres,de la nuit,de l'inconnu,du crime .......
Nous faisons tous comme le philosophe en regardant le ciel, mais nous ne cherchons pas comme lui à prendre conscience de notre joie ou de notre angoisse,de leur essence ou de leur raison.Sans doute même le peintre qui a peint ce philosophe n'a pas raisonné comme le philosophe.Pourtant ,il avait bien regardé le ciel comme lui,puisqu'il l'a peint...
Marcel Proust
Nouveaux mélanges: Chardin et Rembrandt ....
Je viens de finir mon deuxième livre de francoise sagan "Avec mon meilleur souvenir".C'est drôle ,émouvant,triste et parfois cela touche même au sublime.Ce que j'ai préfèré les descriptions de Billy holliday,Rudolf Noureev(i want to fulfill my life),Tenessee Wiliams,de l'addiction au jeu et à la vitesse de l'auteur.
J'y reviendrai!Grand livre!
Dans 197 jours je serai trentenaire
J'ouvre mon premier blog , je sais c'est un peu chaotique .
Quelles sont mes passions ?En vrac l'histoire (de france et de russie surtout),la littérature (francaise et russe également) l'opéra(surtout en langue russe et francaise),la politique,le cinéma,la contemplation de paysages .
Les deux livres qui m'ont le plus marqué sont crime et châtiment et le temps retrouvé.
Tous ce qui touche à la scandinavie,au quebec et à la bulgarie éveille mon intérêt au plus haut point(et aussi à la vieille angleterre,je rajouterai également les flandres et la hollande pour sa merveilleuse civilisation du siècle d'or) ,et l'italie!
Accessoirement je fais assez fréquement du sport.
je n'aime pas l'arrogance parisienne et la volonté qu'ont certains individus de blesser les autres.
Ni bobo ni tradi ,ni bolcho,je ne suis pas un homme à idéologie ,je cherche simplement une part de vérité.
Charlus à Morel
- Comme dans les Lances de Vélasquez ,continua (M.de Charlus),le vainqueur s'avance vers celui qui est le plus humble,et comme le doit tout être noble,puisque j'étais tout et que vous n'étiez rien ,c'est moi qui ai fait les premiers pas vers vous.
Le côté de Guermantes.
Voilà mon radioblog réactualisé,pardon à cyril pour lui avoir piqué un morceau
http://www.radioblogclub.com/juke.blog/index/0?autoplay=1
Je ne sais pas intégrer mon juke box à mon blog de manière correcte,y aurait il une âme charitable qui pourrait m'éclairer sur ce point?
Un gamin de quatorze ans a tué son propre père à coup de fusil parce que celui-ci ne voulait pas qu'il jouât à la play-station.
No comment ...
C'est une humanité plus fantastique que celle qui peuple La Ronde de nuit de Rembrandt.Et peut-être pourtant n'est elle fantastique que de la même manière,par l'éclairage et le costume,et est-elle au fond courante.
La prisonnière
Je n'ai rarement été aussi aussi fasciné par un début de livre,André Suarès l'avait bien compris en nommant dostoievski ,""le coeur le plus profond ,la plus grande conscience du monde moderne"
Je sais c'est un peu long mais c'est mon blog et je respecte la liberté de ne pas me lire
"Par une soirée extrêment chaude du début de juillet,un jeune homme sortit de la toute petite chambre qu'il louait dans la ruelle S... et se dirigea d'un pas indécis et lent vers le pont K ...
il eut la chance de ne pas rencontrer sa propriétaire dans l'escalier.
Sa mansarde se trouvait sous le toit d'une grande maison à cinq étages et ressemblait plutôt à un placard qu'à une pièce.Quant à la logeuse qui lui louait la chambre avec le service et la pension,elle occupait un appartement à l'étage en dessous,et le jeune homme,lorsqu'il sortait,était obligé,de passer devant la porte de la cuisine,la plupart du temps grande ouverte sur l'escalier.A chaque fois,il en éprouvait une sensation maladive de vague effroi,qui l'humiliait,et son visage se renfrognait.Il était terriblement endetté auprès de sa logeuse et il redoutait de la rencontrer .Ce n'était point qu'il fût lâche ou abattu par la vie;au contraire il se trouvait depuis quelque temps dans un état d'irritation et de tension perpétuelle ,voisin de l'hypocondrie.il avait pris l'habitude de vivre si renfermé en lui-même et si isolé qu'il en était venu à redouter non seulement la rencontre de sa logeuse,mais tout rapport avec ses semblables.La pauvreté l'écrasait.Ces derniers temps cependant,cette misère même avait cessé de le faire souffrir.Il avait renoncé à toutes ses occupations journalières,à tout travail.
Au fond il se moquait de sa logeuse et de toute les intentions qu'elle pouvait nourrir contre lui,mais s'arrêter dans l'escalier pour y entendre des sottises,sur tout ce train-train vulgaire,dont il n'avait cure,toutes ces récriminations,ces plaintes,ces menaces,et devoir y répondre par des faux-fuyants ,des excuses,mentir...
Non,mieux valait se glisser comme un chat, le long de l'escalier et s'éclipser inapercu.Ce jour là,du reste,la crainte qu'il éprouvait à la pensée de rencontrer sa créancière l'étonna lui-même,quand il fut dans la rue.
"Redouter de pareilles niaiseries,quand je projette une affaire si hardie!" Pensa t'il avec un sourire étrange .
"Hum,oui ,toutes les choses sont à la portée de l'homme,et tout lui passe sous le nez à cause de sa poltronnerie...(ca c'est bien vrai)..c'est devenu un axiome...Il serait curieuxde savoir ce que les hommes redoutent par-dessous tout.Ce qui les tire de leurs habitudes,voilà ce qui les effraye le plus...Mais je bavarde beaucou trop,c'est pourquoi je ne fais rien que je bavarde.Ce mois-ci j'ai pris l'habitude de monologuer,couché pendant des jours entiers dans mon coin,à songer... à des sottises.Par exemple, qu'ais-je besoin de faire cette course?Suis-je vraiment capable de "cela"?"Est-ce" seulement un jeu de mon imagination,une fantaisie qui m'amuse.Un jeu!oui c'est bien cela,un jeu!"
Une chaleur suffocante régnait dans les rues.L'air étouffant,la foule,la vue des échafaudages,de la chaux,des briques étalées un peu partout,et cette puanteur spéciale bien connue de tous les Pétersbourgeois qui n'ont pas les moyens de louer une maison de campagne,tout cela irritait encore les nerfs déjà bien ébranlés du jeune homme.l'insupportable relent descabarets,particulièrement nombreux dans ce quartier,et les ivrognes qu'il rencontrait à chaque pas,bien que ce fût jour de semaine,achevaient ce mélancolique et horrible tableau.
Une expression d'amer dégoût glissa sur les traits fins du jeune homme .Il était,soit dit en passant,extraordinaiment beau,d'une taille au dessus de la moyenne,mince et bien fait;il avait de magnifiques yeux sombres et des cheveux châtains .Bientôt il tomba dans une profonde rêverie,une sorte de torpeur plutôt,et il continua son chemin sans rien remarquer ou,plus exactement,sans rien vouloir remarquer de ce qui l'entourait."
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